Je n’ai pas toujours envie de t’écrire.
Si tu savais combien ça me coûte de te faire cet aveu. Quand je m’en rends compte, je réalise à quel point j’ai le sentiment de me sentir un toupetipeu comme toi, l’auteur le plus chiche à l’Est du Saint-Laurent. Oh, tu me diras : “toi, auteur?” Je te répondrai : “je n’ai jamais osé.” Ce n’est pas comme si on ne me l’avais jamais dit. Ce n’est pas comme on ne m’avait jamais encouragé, bien au contraire. J’ai eu plusieurs cheerleaders dans ma vie, tsé. Avec de beaux ponpons et tout, je t’assure.
C’est peut-être pour ça d’ailleurs, avec de si jolis ponpons dans les mains, il y a mieux à faire que d’écrire, hein?… Life is better than fiction.
Bref, je n’ai jamais osé. C’est idiot, je sais. Avoir du talent et ne pas s’en servir. Kovalev se dit sans doute souvent la même chose. Sauf que là, il est à Ottawa, on va l’entendre moins. Surtout que d’ici on n’entend plus rien d’Ottawa depuis longtemps, je t’apprends rien là-dessus.
Fais-tu encore du taxi? Moi, c’est pire, je pédale dans la choucroute!

J’ai pas pris de chance, je lui ai pas montrée. Ta fameuse photo, je veux dire. La meilleure défense étant l’attaque, dixit Carbo, je t’ai cité à tort et surtout à travers. C’était fort amusant. J’ai profité d’un avantage numérique pour lui vanter à mon interlocutrice ton usage de l’imparfait du subjectif. On ne s’ennuyait pas de Sheldon Souray, je peux te l’assurer. J’étais en verve. J’avais la nette impression qu’il ne lui manquait à la nana qu’un jersey de la Sainte Flanelle pour que je lui signe sur le champ un autographe avec mon dard encré.
